EQUIAVENTURAS
Traversée de l’Amérique Centrale à cheval en autonomie
de juin 2009 à juillet 2010
Lauréate 2009 des Bourses SPB de l’aventure
Gwladys Lecarpentier a quitté la France en juin 2009, direction le Mexique pour trois mois de préparation à l’issue desquels elle est partie pour traverser l’Amérique Centrale à cheval... Son père, âgé de 68 ans, l’a rejoint deux mois plus tard pour l’accompagner à vtt.
Un périple d’environ 5 000 km en un an, à la découverte du Mexique, Guatemala, Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa Rica et Panama.
A cheval, c’est avant tout une question d’amour. L’amour de la liberté - qui n’a pas rêvé de chevaucher la steppe à perte de vue - et la volonté d’être en symbiose avec la nature. Découvrir de nouveaux horizons et s’enrichir de nouvelles rencontres au rythme des sabots retentissant sur le sol. Le voyageur à cheval n’est pas un homme pressé. Cependant, il doit posséder une qualité indispensable : le sens des responsabilités. Le défi relevé dans ce projet n’est pas d’ordre sportif, il ne s’agit pas d’une course contre la montre mais bel et bien de gérer : approvisionnement, hébergement, gestion de la logistique, contrôle du budget, gestion de l’effort et de la sécurité pour tous les équipiers.
Pour ce projet, Gwladys s’est formée pendant plus d’un an car pour voyager à cheval, il ne suffit pas d’être cavalier mais également maréchal-ferrant, vétérinaire, bourrelier, éthologue…
Newsletter 28 avril 2010
Non, non... Nous ne sommes pas morts... Et nous vous presentons nos excuses pour ne pas avoir donner plus de nouvelles ces derniers temps.
Nous sommes.... roulement de tambour... au Nicaragua... depuis 4 jours !
Alors on en etait reste ou ? Ah oui, la frontiere Guatemala et du Salvador : Tout c’est bien passe, en 20 minutes, nous etions de l’autre cote. L’accueil au Salvador, tres sincerement, ne nous a pas conquis et le voyage fut bref et assez eprouvant. Au troisieme jour, le velo de Rene s’est envole (fatigué de porter les fesses de Papito, il a prefere faire cavalier seul)... Nous avons prevenu bien sur la police et la... Nous tirons notre chapeau aux flics d’Apancoyo que nous tenons a remercier pour leur soutien. Ils nous ont accueilli deux jours au poste (mais devant les barreaux) et nous ont offert un velo d’occasion. Sympa hein ? C’est pas tout... Au Salvador, pas de piste, nous suivions la Panamericaine. Nos nouveaux amis nous ont alors trouve un camion de betail pour eviter la serie de 5 tunnels (longs, sinueux et obscures donc dangereux a cheval) qui longent la Pana entre Apancoyo et La Libertad (65 kms) - voir la video => http://www.youtube.com/watch ?v=YBSvjChGkEA. Vraiment gentil, vous me direz ? Apres avoir repris la route, nos copains "kepis" m’appellent, ils ont retrouve le velo et nous l’ont rapporte a 200 kms de la, pendant leur jour de conges. Champion !!!
Malheureusement, nous n’avons pas trouve des gens gentils partout au Salvador, les chauffeurs de bus (especes de xxxx) ont touche deux fois ma jument de bat, j’avais de plus en plus de mal a supporter les sifflements et yeux exorbites des jeunes (et moins jeunes males) sur la route (pourtant je monte pas en mini jupe, je vous jure) et nous avons finit sur une penurie de fer ! Ni une, ni deux, on a prefere sortir de la en louant, cette fois ci assez cher les services d’un chauffeur qui possedait un camion a betail. Direction la frontiere...
[...] Pour lire la suite de l’aventure de Gwladys à cheval et de son père à vtt : http://www.equiaventuras.com
Février 2010
Durant ces 6 derniers mois, nous avons peu parlé de Don Papito et de son vélo, et je tenais aujourd’hui à vous présenter un peu plus en détail ce grand et mince bonhomme et vous faire partager son expérience à lui, au sein de cette aventure. Nous lui avons donc posé quelques questions :
Quelles ont été les raisons qui t’ont poussé à rejoindre le projet Equiaventuras ?
J’étais inquiet pour ma fille, qui se retrouvait à voyager toute seule avec ses chevaux et gêné de ne rien pouvoir faire en cas de danger depuis Paris. Je voulais l’aider mais Gwladys au début, n’a pas accepté que je la rejoigne. Avec sa mère, Nelly, nous avons insisté jusqu’à ce qu’elle se laisse convaincre. J’ai donc eu le feu vert et en 48 heures, j’ai pris mon billet d’avion, ma tente, mon duvet et quelques vêtements de rando. Je suis arrivé le 20 août à Puerto Vallarta où j’ai été accueilli à bras ouverts par les amis de Gwladys. Ils m’ont aidé à trouver mon vélo et m’ont accompagné deux jours plus tard à 430 km de là pour retrouver ma fille et ses chevaux.
Pourquoi le vélo ?
J’ai découvert le vélo vers l’âge de 9 ou 10 ans. Je suivais les courses avec assiduité. À 35 ans, je me suis acheté mon premier vélo de course et me suis lancé. Je participais à toutes les courses de mon département jusqu’au jour où une voiture m’a renversé et je me suis cassé la clavicule. J’ai mis mon vélo au placard ! Je suis aujourd’hui trop vieux pour monter à cheval sur de longues distances mais je me sentais toujours capable d’appuyer sur la pédale...
Quel genre de vélo as-tu acheté ?
N’ayant que peu de temps, j’ai acheté un vélo tout terrain ordinaire. J’y ai fait installer un porte-bagage solide et un rétroviseur. Le tout m’a coûté 3 200 pesos (environ 200 €). Le freinage avant est à disque et le freinage arrière à patins. Je n’utilise pas les vitesses de mon vélo ; j’ai trouvé un bon compromis entre le terrain plat où il faut suivre le rythme des chevaux et les montées où l’effort reste mesuré.
En parlant de gestion de l’effort, quel est ton secret à 68 ans ?
À mon age, je dois gérer trois problématiques : une masse musculaire faible et pas entraînée, le rapport pulsations et rythme cardiaque et enfin le contrôle de ma respiration et de ma capacité pulmonaire. Je ne force jamais et le secret est là. J’écoute mon corps et ses signes d’alarme. Je n’hésite pas à marcher à pied et fais souvent des pauses. J’ai toujours de l’eau, une banane, des biscuits ou des fruits secs dans mon sac à dos.
Tu portes un sac à dos. Combien de charge en tout sur le vélo ?
Le vélo pèse environ 12 kg, mon bagage 25 kg en moyenne et j’ai à peu près 5 kg dans mon sac à dos. Avec le bonhomme de 70 kg, on arrive à un total de 112 kg.
Ce n’est pas trop dur quand même ?
J’ai souffert les 15 premiers jours et peu à peu j’ai trouvé mon rythme. Aujourd’hui, sur terrain plat, je suis les chevaux sans me fatiguer, mais prends souvent de l’avance pour faire des pauses quand la route n’est pas dangereuse. En montagne ou sur les chemins muletiers, Gwladys et les chevaux me mettent la pâtée ; je fais plus d’arrêts et marche beaucoup à pied pour ne pas forcer et protéger mon vélo. De toute façon, quand ça monte, ça descend toujours après, ce qui permet de se venger !
Conseillerais-tu la combinaison voyage vélo-cheval à d’autres ?
Nous parcourons en moyenne 20 km par jour. Pour quelqu’un de plus jeune, suivre des chevaux est un rythme lent. Beaucoup s’ennuieraient, mais moi cela me convient. J’ai le temps d’ouvrir les yeux et de tendre les oreilles. Je vois des choses fabuleuses. La nature ici est très riche, variée. Parfois, un peu trop je pense quand les scorpions me courent après (rires). Pour moi, l’observation de la nature, c’est la base de beaucoup de choses : Pourquoi tu cours ? Pourquoi les gens se battent ?... Quand je vais rentrer, les gens ne vont pas me reconnaître, ils vont penser que j’ai changé mais pourtant je ne change pas. Ici, dans cet environnement, je me retrouve, je suis moi !
Que ressens-tu après ces 6 premiers mois ?
Je suis content car j’ai réussi à convaincre Gwladys et à la rejoindre. Aujourd’hui, j’ai oublié mon rôle de garde du corps, on se protège les uns les autres et je sens que je fais réellement partie de l’expédition Equiaventuras. Je participe au projet, je vis le projet, dans la répartition des tâches quotidiennes mais surtout dans son aspect aventurier et culturel. J’ai été surpris par l’accueil, la disponibilité et la spontanéité des Mexicains.
En France, il faut du temps pour créer des liens forts. Ici, on rentre dans une famille et l’on en fait partie immédiatement. Parfois, je suis même gêné, dans le bon sens, de leur générosité. J’ai plutôt toujours été un solitaire mais dans ce beau pays, le mur tombe. La seule chose qui me frustre, c’est la barrière de la langue. J’arrive à communiquer avec des sourires, des grimaces, mais c’est souvent insuffisant. Pourtant, un sourire, un regard, une accolade parlent souvent plus. Après 6 mois de voyage, de vie nomade dans un pays où je me sens chez moi ; j’ai soif de continuer et voir où le vent nous porte.
Un dernier petit mot ?
En tout cas, je remercie mon vélo car je lui en ai fait voir. J’ai crevé 3 fois et changé le dérailleur et le pneu avant également. Il tient le choc ! C’est un sacré compagnon. Si on me demande son nom, c’est "Frérot", car on avance tous les deux sur les mêmes chemins, les chemins de l’aventure !
Merci Papito !
Hasta luego.
L’équipe Equiaventuras